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Le rejet : une épreuve qui façonne

  • Photo du rédacteur: Malaïka
    Malaïka
  • 28 mars
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 mai



Ma vie professionnelle a commencé à Paris, en 2002. J’étais étudiante, pleine d’ambition et d’inconscience, comme beaucoup à cet âge-là. Pour financer mes études, j’ai trouvé un job en télé-marketing.

Appeler des inconnus. Vendre un service qu’ils n’avaient pas sollicité.

Essuyer des réponses sèches, parfois brutales. Ce n’était pas simplement difficile : c’était formateur.

Très tôt, j’ai été confrontée à une réalité professionnelle souvent tue : la violence du rejet.


Apprendre à encaisser

Au départ, chaque refus me heurtait. Je le prenais personnellement. Comme un échec de ma communication. Ou pire, comme un désaveu de ma légitimité.

Mais avec le temps, j’ai compris que la plupart de ces rejets n’étaient pas dirigés contre moi. Le prospect ne rejetait pas ma personne. Il rejetait un moment, une offre, une pression, une situation dans laquelle il ne voulait pas être. Nuance essentielle, mais difficile à intégrer quand on débute.


Le rejet comme révélateur

C’est souvent dans le refus que l’on apprend le plus. Non pas à devenir plus persuasif. Mais à devenir plus lucide. Plus à l’écoute. Moins dans l’attente de validation.

Chaque non m’a obligée à revoir mes approches, à affiner ma posture. Pas pour convaincre à tout prix, mais pour mieux comprendre. Pour ajuster. Pour sortir de la projection et revenir au réel.

Le rejet m’a enseigné la rigueur, mais aussi la retenue. Il m’a appris à doser mes intentions, à mesurer mes silences. À ne pas trop me donner là où l’on ne me demandait rien.


Désamorcer la charge émotionnelle

Le rejet est douloureux parce qu’il vient heurter deux besoins humains fondamentaux : être reconnu et être accepté. Mais il nous force à aller chercher cette reconnaissance ailleurs — d’abord en nous.

C’est là que se joue la transformation. À partir du moment où l’on cesse de faire du “non” une question d’estime personnelle, on regagne de l’espace intérieur. On respire à nouveau. On cesse de lutter pour tout convaincre, tout obtenir.


Une compétence silencieuse : la résilience relationnelle

Savoir gérer le rejet, ce n’est pas une qualité visible. Ce n’est pas un soft skill qu’on inscrit sur un CV. Pourtant, c’est peut-être l’une des plus importantes dans une carrière.

Ce premier emploi, aussi difficile fut-il, m’a offert cela. Il m’a appris que la constance vaut plus que la perfection. Que ce que l’on construit malgré le rejet est souvent plus solide que ce que l’on obtient sans résistance.

Aujourd’hui, le rejet ne me freine plus. Il me renseigne. Il m’oriente. Il me rappelle que ma valeur ne dépend pas du regard de l’autre, ni de sa réponse.


Et après ?

Ce que j’en retiens, c’est que nous avons besoin d’apprendre, très tôt, à ne pas fuir le rejet, mais à le traverser. À l’analyser. Et surtout, à ne pas lui donner plus de pouvoir qu’il n’en a réellement.

La vraie liberté professionnelle ne réside pas dans l’absence de refus. Elle réside dans notre capacité à en sortir sans s’abîmer, sans se refermer, sans se renier.


ree

 
 
 

2 commentaires

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Malaïka
Malaïka
28 mars

Et oui! C'est aussi un axe de réflexion à développer. Dans un prochain article peut-être !

Identifier la cause, c'est le début de la solution .

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Invité
28 mars
Noté 5 étoiles sur 5.

Très bonne approche. Je pense que ma peur du rejet révèle aussi un manque de confiance ou d'estime de soi. Merci pour le partage. C'est toujours un plaisir de te lire ☺️

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